Un rosé…….mais pourquoi pas!!!!

Les chaudes journées de l’été se sont estompées et nous nous résignons à remettre au cellier ces quelques bouteilles de rosés achetées en début de saison……pas tout à fait!
Durant les dernières années, le rosé s’est imposé en popularité. Fait intéressant : en 2009 en France, les vins rosés ont dépassé les vins blancs en consommation. Et cette tendance n’est pas un cas isolé et se retrouve dans plusieurs pays. De plus, les vins rosés se taillent une place de plus en plus conséquente sur les cartes de vins. Il est donc temps de prendre ces vins dits d’été un peu plus au sérieux.
Pourquoi ce soudain envoûtement?
Peut-être peut-il s’expliquer par un certain épuisement pour les vins blancs, ou encore par une recherche d’une alternative aux vins rouges puissants et capiteux, ou enfin due à une amélioration qualitative de ces vins? Probablement un peu des deux premières propositions, mais très certainement de la dernière.
Pendant longtemps, les vins rosés étaient associés à la saison estivale et aux vins à déguster en terrasse, en apéro ou accompagnés de repas légers, sans aucunes prétentions autres que nous rafraîchir et nous faire plaisir. Et c’est très bien : pourquoi se priver de tels moments. Mais maintenant, de plus en plus, on peut compter sur les vins rosés pour accompagner nos repas et célébrations….à longueur d’année.
Tout d’abord, qu’est-ce-qu’un vin rosé? Un assemblage de vin blanc et de vin rouge? Oui et non!
OUI. Le rosé peut être un vin blanc auquel on a ajouté un faible pourcentage de vin rouge, En résulte alors un vin léger, frais, présentant une palette d’arômes plutôt simple et à être déguster dans les mois suivant l’achat.
NON. D’autres rosés, bien que vinifiés de façon plus traditionnelle (fermentation alcoolique de raisins rouges), présentent tout de même des caractéristiques similaires aux vins précédents. Ces deux choix de rosés font leur apparition en magasin au début de l’été. Un rosé de gastronomie requiert toutefois une vinification plus poussée : une macération pelliculaire (jus du raisin et pellicule) plus longue pouvant aller jusqu’à seize heures et plus selon l’intensité aromatique et la couleur désirées. En plus d’apporter une palette d’arômes riche et plus complexe, ce processus de vinification donne au vin cette structure essentielle à son application en gastronomie.
En France, plusieurs appellations offrent ces rosés. Entre autres, dans le Bordelais, des vins issus de l’assemblage de Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc ou de Merlot. En Val de Loire, des rosés à base de Gamay ou de Cabernet Franc, et pour ces derniers, quelques fois en assemblage avec du Cabernet Sauvignon. En Provence et Vallée du Rhône, des rosés issus de Grenache, Carignan Mourvèdre et Syrah. On ne peut ne pas parler de l’appellation Tavel, en Vallée du Rhône, qui a cette particularité de ne produire que des vins rosés qui sont considérés par plusieurs comme les meilleurs rosés. Certains de ces vins se permettent même un élevage de quelques années. D’autres pays proposent aussi de plus en plus de ces vins tels, l’Italie, l’Espagne et le Chili, parmi tant d’autres.
Avec les journées plus courtes et les températures moins chaudes, on délaisse salades et plats frais pour se tourner vers le `confort food’. Et un des incontournables – le macaroni au fromage cette fois servi avec une sauce au comté relevée d’herbes fraîches. Un rosé se mariera à merveille à ce plat. Ou encore, pour les célébrations de Noël et pour accompagner la tradionnelle dinde qu’on aura farcie aux abricots secs, amandes et riz sauvage, on aura choisi un rosé.
Les vins rosés ont aussi leur place au dessert : une fondue au chocolat avec baies rouges et melons que l’on servira avec un vin de glace rosé (canadien, bien évidemment) issu de Cabernet Franc. Un pur délice!
Alors, la prochaine fois que vous aurez à décider d’une alliance mets-vins, quelque soit la saison, pourquoi ne pas arrêter votre choix sur un vin rosé. Vous ne serez pas déçus.
A la vôtre!
Denise Dompierre
Sommelier-Conseil